L'adoption de l'économie circulaire progresse mais reste encore partielle

L'adoption de l'économie circulaire progresse mais reste encore partielle
Le Forum de l'économie circulaire de Berne 2026 montre que l'économie circulaire est une priorité politique, mais qu'elle n'est pas encore mise en œuvre à grande échelle dans les entreprises ; sur l'image, la présentation de la maire de Bienne, Glenda Gonzalez Bassi, lors de l'événement. Image fournie par Christine Strub/Haute École Spécialisée Bernoise

Le Forum de l'économie circulaire de Berne 2026 a eu lieu le 30 avril 2026 et a été organisé par la Haute École Spécialisée Bernoise et Circular Economy Switzerland. L’événement a été ouvert par le directeur général de Circular Economy Switzerland François Gerber et Ingrid Kissling-Näf, directrice du département gestion de la Haute École spécialisée bernoise. Il s’est tenu au Switzerland Innovation Park de Biel/Bienne (SIPB).

La maire de Bienne, Glenda Gonzalez Bassi, a également souligné que la ville est « axée sur les énergies durables » en présentant  la stratégie climatique de la ville, qui combine « sensibilisation, formation et engagement » des acteurs économiques. Un exemple concret mentionné est la reconversion d’une ancienne usine en école, en réutilisant le bâti existant. Selon la maire de Bienne, « l’économie circulaire n’est plus une option, mais une obligation ».

À l’échelle du canton de Berne, la professeure de géographie économique de la Haute École Spécialisée Bernoise Rahel Meili et Tobias Stucki, co-gestionnaire de l’Institute for Sustainable Business et de MSc Circular Innovation and Sustainability, ont présenté différentes données montrant une progression encore partielle de l’économie circulaire. Ils mettent en valeur dans leur présentation qu' « environ 10 pour cent des entreprises suisses opèrent dans le secteur de l'économie circulaire » et seules 4 pour cent ont intégré ces modèles de manière substantielle dans leur activité. Les pratiques incluent une meilleure utilisation des capacités de production (19 pour cent) et la revente de produits ou matériaux (7 pour cent). Les motivations principales présentées par Meili et Stucki sont politiques, financières et liées au potentiel de demande. L’économie circulaire dans les entreprises aurait également un impact direct sur la réduction des émissions de CO2.

Au niveau fédéral, Christiane Wermeille, cheffe de la Division Déchets et matières premières de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a rappelé que l’économie circulaire « essaye de fermer ce cycle et créer de petits cycles à l’intérieur en réutilisant, réparant et rénovant ». « L’économie circulaire va plus loin que le recyclage » souligne Wermeille. Parmi les exemples présentés figure la récupération du phosphore, un enjeu stratégique pour la Suisse en raison de l’absence de sources locales suffisantes. Wermeille présente également une nouvelle ordonnance sur les emballages, attendue pour l’été 2026 et concernant la qualité des emballages et l’obligation de reprise pour les entreprises.

Au niveau européen, Ioannis Bakas, expert monitoring en économie circulaire à l'Agence européenne pour l’environnement (AEE) , a mis en avant le développement des marchés secondaires et la nécessité d’une approche systémique. Durant sa présentation, il souligne que la stratégie doit inclure des mécanismes de réutilisation et de circulation effective des ressources.

Le forum a également accueilli le Bern Upcycling Challenge. Les six finalistes étaient Burgdorf ReWorks- dr Stoff im Kreis, Caz Cascara, Foodoo, Formcollection, Tide Ocean et Neighborhood. Tide Ocean a remporté la première place, Caz Cascara la deuxième et Burgdorf Reworks la troisième. ce/gp